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samedi 30 novembre 2013


 



« MARCHONS CONTRE LE RACISME »

Le 30 novembre 2013 à Paris, en France et dans les Dom Com

  Un climat nauséabond s'installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de «guenon », sont une souillure pour la République.

 Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu'égale, solidaire et fraternelle. 

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013, à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14 h 30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom Com.

 Pour Annemasse, le 30 novembre , rendez- vous est donné à 14 h, Complexe Martin Luther King, Rue du Docteur Baud , 74100 Annemasse 

Signataires :

Collectif dom - CM 98- Ligue des droits de l’Homme - Licra  - Mrap - SOS Racisme -CFDT - CFTC - CGT - FSU  - UNSA - Union syndicale Solidaires -UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT (Union Française des associations Tziganes) - R=(Respect) - EGAM - FNASAT - Banlieues du Monde - France Terre d'asile - Ni Pute Ni soumise - Collectif des écrivains nègres - Association ultramarine de France - Les amis du PPM en France - Haut Conseil des Maliens de France  - Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) - Association culturelle de musulmans de Drancy - Conseil de Coordination des organisations arméniennes - La Maison des potes - Mémorial 98 - Le Syndicat des Avocats de France (SAF) - Le Syndicat de la Magistrature - Les Marianne de la diversité - RESF - Fédération des Mutuelles de France - Mouvement pour la paix  - Fondation Copernic - SNES - FCPE - CIMADE - SNEP - SNUEP - DAL (Droit au logement) - Ligue de l'enseignement

jeudi 6 juin 2013

STUPEUR ET COLERE

Halte aux violences et à la montée de l’extrême droite
 
Stupeur et colère
 
C’est avec stupeur et colère que la Ligue des droits de l’Homme apprend la mise à mort de Clément Méric par un groupe de skinheads, hier, à Paris. Elle condamne fermement ce meurtre commis à raison des convictions politiques du jeune homme.
 
Supprimer une vie et vouloir faire taire celles et ceux qui ne partagent pas ses opinions, est insupportable : cela nous interpelle quant à la radicalisation récente des droites extrêmes, cet acte faisant dramatiquement écho à un discours de haine tenu depuis plusieurs mois, tant à l’encontre des étrangers que des homosexuels ou des Roms...
 
La Ligue des droits de l’Homme exprime tout son soutien à la famille et aux amis de Clément Méric et demande aux autorités de faire toute la lumière sur ces actes afin que leurs auteurs soient condamnés.

lundi 11 juillet 2011

Gens du voyage: La résponsabilité des élus et de l'Etat

LDH Haute Savoie COMMUNIQUE



Le jeudi 30 juin, la FDSEA (Fédération Départementale des exploitants agricoles) invitait les agriculteurs des Savoie et diffusait un communiqué de presse intitulé : « Gens du Voyage : ça suffit ! »



Devant la Préfecture, les propos du Président de la FDSEA relayent cet appel désignant une fois de plus, les Gens du Voyage, comme responsable de leur « non-accueil » !

Ensuite, l’allusion au loup et « l’avertissement » sont inadmissibles : « les gens du voyage, c’est un problème récurrent, avec un danger qui commence en avril, quand les chaleurs reviennent… c’est comme les loups en alpage, ça fait partie des choses qu’on a du mal à gérer… »

Lors de cette manifestation, des agriculteurs, les élus et le SYMAGEV, ont agressé madame F. JACOB, Déléguée représentant la France au forum Européen pour les Rroms et Gens du voyage, en tenant des propos mensongers.



La place des élus, députés, sénateurs, maires, membres de la commission consultative, n’est pas à côté de ceux qui crient au loup, mais à travailler à la mise en œuvre du schéma départemental.

La LDH invite les élus à se recentrer l’accueil et l’habitat des gens du voyage, pour un véritable droit au logement.



Dans le cadre du schéma départemental, 4 terrains dits de « grand passage » sont prévus qui doivent accueillir les groupes de plus de 50 caravanes, qu’ils voyagent toute l’année ou qu’ils se réunissent pendant les périodes estivales, sur réservation ou pas, selon les disponibilités.

Au lieu de cela, il existe un terrain provisoire à PERRIGNIER non équipé, géré par le SYMAGEV qui a refusé de l’attribuer à 2 groupes au motif qu’ils n’avaient pas réservé (les élus sont venus avec pelles et pioches « chasser les familles de voyageurs et le Tribunal a condamné le SYMAGEV et le Préfet) ; un terrain provisoire à MARNAZ, non équipé et inutilisable par temps de pluie….. et RUMILLY, « terrain alibi » trop petit pour accueillir des grands groupes



La LDH demande que ces réalisations prévues soient au plus vite mises en œuvre : aires fixes avec règlement intérieur, équipées d’un bloc sanitaire, de deux branchements électrique et d’eau, d’une cuve de récupération des eaux usées. Le sol doit être traité : portance, drainage, matériaux, pour éviter, comme à MARNAZ, que les caravanes et véhiculent s’enlisent et détériorent le terrain.



La LDH en appelle à la responsabilité du Préfet, pour cesser de différer les décisions techniques qui permettront une cohabitation pacifiée avec les autres citoyens, en donnant une lecture claire de l’engagement de l’Etat et des élus dans la mise en œuvre d’une véritable politique d’accueil départementale et nationale.



Enfin, nous affirmons que ces prises de position agressives et haineuses dont nous avons été témoins ces derniers mois ne sont pas dignes de notre société et demeurent inadaptées à la construction des réponses techniques attendues pour un mieux vivre ensemble.

lundi 13 juin 2011

REIMS - 86 éme CONGRES NATIONAL DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME

 LES DROITS, NOS FORCES !

Du 11 au 13 juin, la Ligue des droits de l'Homme a réuni à Reims 350 délégués représentants les sections, fédérations et comités régionaux son 86e congrès national.

Les sections et la Fédération de la Haute Savoie étaient présentes au 86 éme Congrés National de la LDH. 

Un événement majeur du congrès a été l’hommage rendu aux défenseurs des droits venus de tous les continents : Moctar Diallo (Guinée), Brahima Kone (Mali), Dismas Kitenge (RDC), Sidiki Kaba (Sénégal), Mokhtar Trifi (Tunisie), Sana Ben Achour (Tunisie), Karim Lahidji (Iran), Leila Shahid (Palestine), Cai Chongguo (Chine), Robert Bryan pour Leonard Peltier (Etats-Unis), George Aguilar (Etats-Unis), Muniz Sodre (Brésil), Jose Rebelo (Portugal), Bertrand Badie (France). Souhayr Belhassen (présidente de la FIDH), Pierre Barge (président de l’AEDH) et Kamel Jendoubi (président du REMDH) ont participé à ce temps fort et aux débats.

Un grand nombre d’invités représentant les organisations (associations, syndicats et partis politiques) amies de la Ligue des droits de l’Homme sont venus renforcer nos débats et marquer la force de notre travail en réseau.

Le président du conseil régional, Jean-Paul Bachy, et la maire de Reims, Adeline Hazan, ont apporté au congrès leur aide et soutien politique.

Quatre résolutions, à savoir les positions stratégiques de la LDH, ont été adoptées après débats :
(Voir  à la fin le texte complet)

« Penser et agir pour les droits de l'Homme dans un monde global ? » : l'actualité montre tous les jours que faire progresser ces droits n'est pas de l'ordre du souhaitable mais du nécessaire. Comme le montrent les révolutions venues du Sud, mais aussi les échecs des politiques économiques et sociales « orthodoxes », aucun développement humain durable n'est possible sans garantie effective de ces droits indivisibles et universels ;

« Non à la politique de la haine » : la proximité des échéances présidentielle et législative en France réduit encore trop souvent le débat politique à des manœuvres d'abord personnelles de conservation ou de conquête du pouvoir. Au centre de toutes les manipulations politiciennes des faits, la négation des droits, la désignation de l'étranger comme risque d'insécurité, l'ethnicisation des rapports sociaux, voire parfois la racialisation des caractères physiques. Alors que l'extrême droite, en embuscade, surfe sur toutes les colères et les désillusions, la LDH entend mobiliser contre la politique de la haine ;

« Roms, Gens du voyage : assez de stigmatisation et de racisme » : depuis l'été 2010, les Gens du voyage puis les Roms, désignés comme boucs émissaires au plus haut niveau de l'Etat, sont en butte au racisme et à la xénophobie. Les uns sont roumains ou bulgares, les autres sont français. Tous sont citoyens européens. La LDH se bat pour leurs droits inaliénables, contre toutes les stigmatisations et les discriminations ;

« De la place Tahrir à la place Puerta del Sol, construire l’avenir » : les peuples et tout particulièrement les jeunes se lèvent pour faire respecter leurs droits et leur dignité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Récemment, en Europe, des mobilisations ont eu cours face aux crises sociales et à la précarisation. La Ligue des droits de l’Homme est solidaire de ces mouvements.

Le rapport moral, le rapport du secrétaire général et le rapport financier ont été adoptés par une forte majorité des délégué(e)s des sections.

Les adhérents ont procédé à l’élection du Comité central et du Bureau national. Pierre Tartakowsky a été élu président de la LDH. Outre celui-ci, le Bureau national est désormais constitué ainsi : Françoise Dumont, Vincent Rebérioux, Malik Salemkour et Evelyne Sire-Marin sont vice-présidents ; Dominique Guibert reste secrétaire général ; Maryse Artiguelong, Nadia Doghramadjian et Tiphaine Inglebert sont secrétaires générales adjointes ; Jean-Claude Vitran devient trésorier ; Jean-François Mignard, Philippe Pineau, Michel Savy, Mylène Stambouli et Gislhaine Rivet complètent l’équipe élue.

Renforcée par cet intense moment de débats, de rencontres et de convivialité militante, la LDH, à tous les échelons, est ainsi en ordre de bataille pour la période à venir : lutter contre le racisme et la xénophobie, combattre les discriminations, gagner le combat du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales, protéger les libertés individuelles et collectives, agir pour les droits économiques, sociaux et environnementaux, soutenir au quotidien les travailleurs sans papiers dans leurs luttes… Et, bien sûr, construire « partout, un monde de tous les droits pour tous ».
 
Ci dessous le texte complet des résolutions

Résolution « Penser et agir pour les droits de l'Homme dans un monde global ?

Depuis qu’ils ont été proclamés par les révolutionnaires de 1789, les droits de l’Homme sont au centre d’un combat sans cesse renouvelé et enrichi. Aux libertés civiles et politiques sont venus s’ajouter les droits économiques, sociaux et culturels puis, au fur et à mesure de l’ouverture de champs nouveaux, les droits liés à une utilisation des biotechnologies, le droit d’accès aux technologies de l’information et de la communication, ou l’environnement et les conditions de développement de l’espèce humaine.

Aux acteurs associatifs exerçant dans des limites nationales et embrassant l’ensemble du domaine des droits de l’Homme, se sont ajoutés et parfois substitués des organisations internationales ou des groupements plus spécialisés, sans compter l’irruption des opinions publiques et des individus devenus capables d’intervenir par eux-mêmes, en tissant des réseaux aux facultés immenses.

Le contexte géopolitique est lui-même profondément modifié, non seulement en raison de la disparition des deux blocs, mais aussi en raison d’une globalisation qui a entraîné des bouleversements dans la vie des individus, des peuples et des Etats.

La « déraison économique », accentuée par la financiarisation et les dérèglements actuels du capitalisme mondialisé, a entraîné des dégâts considérables, accroissant les inégalités, renforçant des firmes multinationales, financières ou non, sans égard pour les individus, les peuples ou notre environnement. Cette mondialisation économique est étroitement liée à une mondialisation culturelle qui tend à uniformiser les comportements et risque de détruire progressivement la diversité des cultures. C’est ainsi qu’elle pénètre les sociétés politiques nationales et conditionne directement la vie quotidienne des individus qui sont devenus, de fait, des acteurs mondiaux.

En raison de la tendance à l’uniformisation au profit des intérêts économiques les plus puissants, cette globalisation menace l’universalité des droits. A l’identique imposé répond souvent un identitaire défensif qui privilégie un impossible repli sur soi et un individu en guerre avec chacun pour survivre. Mais répond aussi un mouvement positif pour un autre monde plus solidaire.

En même temps, les législations nationales sont soumises à des accords et traités internationaux issues d’une ébauche de gouvernance mondiale ou régionale. Des juridictions internationales ont été créées pour censurer la violation des libertés fondamentales par un Etat, et les crimes contre l’humanité peuvent être déférés à une Cour internationale.

Notre époque porte des défis planétaires formidables ; beaucoup sont formidablement inquiétants. Est-il possible d’affronter ces défis à partir des droits de l’Homme et avec quels instruments ? Autrement dit, les droits de l’Homme peuvent-ils encore produire un corpus universel tissé et décliné à partir de droits singuliers, c'est-à-dire dans une configuration cosmopolitique ? Ne serait-ce pas de fait cette citoyenneté que nous voulons à l’échelle humaine ?

Au rang des principes fondateurs demeure l’affirmation de l’unicité de l’humanité et de l’égalité en droits de tous les membres de la famille humaine. De ce postulat découle la reconnaissance de l’universalité des droits de l’Homme, applicables sans limites géographiques et quelles que soient les cultures et les civilisations. Eliminer toutes les inégalités subies par les femmes, voici un objectif essentiel si l’on veut assurer concrètement l’égalité des droits. Mettre fin aux dictatures et construire un Etat de droit, respecter la dignité de tous, voici ce qui anime tous les peuples, y compris, pour ceux qui en doutaient, les peuples du monde arabe.

L’indivisibilité des droits s’inscrit dans la même démarche. Au-delà des contingences relevant de la nature même d’un droit, rien ne justifie une quelconque hiérarchie entre les droits de l’Homme. Tous ont la même légitimité et tous doivent recevoir application. Exiger la justice sociale, un droit égal à l’éducation et à la santé, l’accès à l’eau, à la terre et à un environnement viable, protéger l’humanité du mauvais usage des biotechnologies, etc., voici qui transcende les cultures et qui n’est pas dissociable des libertés civiles et politiques.

Notre refus de la raison d’Etat et de la raison économique ne peut se borner à une démarche purement hexagonale. La Déclaration universelle des droits de l’Homme constitue le socle d’une démocratie mondiale vivante. Plus que jamais elle continue à avoir besoin de déclinaisons face à des problèmes nouveaux qui s’inscrivent dans des univers géographiques dépassant les frontières des Etats-nations, sans pour autant en nier l’existence. Il nous faut penser une citoyenneté mondiale et, notamment, un droit fondamental à la citoyenneté pour les résidents des différents Etats, afin de prendre en compte la réalité des migrations.

Ceci implique aussi de reconnaître à chaque peuple les voies qui lui sont propres pour atteindre des objectifs qui, eux, sont communs à l’humanité. L’universalité réelle des droits de l’Homme ne réside pas dans le décalque d’un prétendu modèle occidental qui n’a d’ailleurs cessé de délivrer un double discours. Les voies vers l’universalité des droits sont multiples et cette diversité doit être reconnue pour éviter les tentations relativistes et les affrontements identitaires.

Répondre aux conséquences de la globalisation, c’est aussi définir des objectifs communs servant des « intérêts publics mondiaux ». Il faut renforcer la synergie de nos combats en faveur des libertés publiques et politiques, de l’égalité radicale en droit entre les sexes et tous les êtres humains, des droits des enfants, et en faveur du développement des « biens publics mondiaux » que sont la préservation de l’humanité et de la planète. L’accès de tous à tous les droits et la protection de notre planète impliquent un juste partage des richesses et une gestion démocratique de ces « biens publics mondiaux ».

Pour cela, nous devons imaginer des institutions internationales qui défendent le sens et les valeurs des droits, qui les intègrent aux grandes négociations quel qu’en soit le sujet. Nous devons, à partir des droits et de nos expériences, définir de nouvelles normes de responsabilités sociales, démocratiques et environnementales qui s’imposent aux acteurs politiques, financiers et économiques.

La LDH appelle à une réinvention générale de la démocratie. Cette démarche ne va pas de soi parce qu’à l’inverse du passé, elle exige que nos combats quotidiens s’appuient sur un « vivre ensemble » mondial. Pour poursuivre notre tâche, répondre aux attentes, nos structures, nos méthodes, les stratégies des organisations de droits de l’Homme doivent aussi se réformer. Il faut repenser nos formes d’organisation pour y intégrer tous les acteurs, y compris individuels, qui interviennent sur la scène publique, et tisser de larges alliances avec les différents acteurs de la société civile mondiale, organisations syndicales et associatives.

Adoptée à l’unanimité, moins 7 abstentions.

Résolution « Non à la politique de la haine »

Un climat délétère empoisonne l'air de la République.
Ce n'est plus seulement la xénophobie qu'entretiennent lois, propos et débats dévoyés sur une « identité nationale » figée et mise sous contrôle gouvernemental. Ce sont, depuis l'été 2010, les origines réelles ou supposées de telle catégorie de citoyens, Roms, Gens du voyage, Français par naturalisation ou jeunes nés de parents étrangers, qui sont assignés à résidence communautaire, montrés du doigt jusqu'au plus haut niveau de l'Etat.

Et c'est désormais l'islam qui est présenté, mois après mois, comme une menace tantôt pour l'héritage de l'Europe chrétienne, tantôt pour les valeurs de la France républicaine et laïque. Une partie de la majorité parlementaire en est venue à désigner les musulmans comme inassimilables et dangereux pour la République : on commence, comme l'avait fait une ministre, par enjoindre aux « jeunes musulmans » de remettre leur casquette à l'endroit (sic), et on finit, comme les responsables du parti majoritaire à l'Assemblée nationale, par s'inquiéter d'une fantasmatique multiplication de minarets au pays du baptême de Clovis...

La contagion s'étend hélas encore plus loin lorsqu'un maire de grande ville d'opposition appelle publiquement à expulser des Roms ou lorsque, troquant la soupe au cochon pour l'apéro saucisson, d'étranges pseudo-laïques manifestent avec le Front national contre une « occupation » musulmane de la France et disent voir en Marine Le Pen la seule responsable politique prenant au sérieux la laïcité.

Ainsi s'étend la lepénisation des esprits, diffusée et stimulée par le sarkozysme gouvernant. A la politique de la peur, qui a débouché sur le 21 avril 2002, risque de s'ajouter une véritable politique de la haine, diffusant une mortifère ethnicisation du politique.

La mobilisation citoyenne du 4 septembre 2010 contre la xénophobie et la politique du pilori a montré que nombre de nos concitoyens n’acceptaient pas cette République défigurée. Pour redonner la priorité à la liberté, à l'égalité et à la fraternité, il est urgent de prendre la mesure de la dénaturation des valeurs que nous défendons depuis toujours.

Lorsque la République laïque mais coloniale refusa l'application de la laïcité hors de la métropole, elle a exclu l'islam de l'égalité entre les cultes affirmée en 1905, et les musulmans de la citoyenneté. Le maintien partiel du « deux poids, deux mesures », du double standard, continue à menacer la cohésion sociale et la confiance dans l'effectivité de l'égalité républicaine. La garantie d'une vie familiale, professionnelle et citoyenne normale, à laquelle ont droit les musulmans réels ou supposés tels, comme tout citoyen résidant sur le territoire de la République, suppose que nos principes s'appliquent enfin sans discrimination. Mais cette garantie d’égalité se heurte à une véritable défiguration de la laïcité, qui contamine la droite et, plus insupportable encore, une partie de la gauche.

Car la laïcité, ce n'est pas l'injonction faite à des « barbares » de se dépouiller de leurs identités « inassimilables » pour devenir des citoyens semblables aux autres ; ce n'est pas la nouvelle version

d'une « mission civilisatrice » des dominés par les dominants. La laïcité, aujourd'hui comme hier, c'est l’indispensable garantie, sans discrimination entre les cultes, du respect de la liberté et de la dignité égales des citoyens, quelles que soient leurs origines, convictions, croyances ou incroyances.

Les pseudo-laïques et autres nationaux-républicains en sont déjà, emportés par leur refus haineux du monde actuel, à fraterniser ouvertement avec l'extrême droite dans un déguisement antireligieux du racisme que l’on retrouve ailleurs en Europe. Emprunter ce chemin, pour de méprisables raisons électoralistes ou, pis encore, au nom de valeurs communes de stigmatisation, c'est légitimer la discrimination raciste, ouvrir la porte à la violence et à la réaction en chaîne des replis identitaires et communautaires.

Seule l'application à tous de la laïcité non défigurée, refusant l'idéologie de la hiérarchie des civilisations et de l'inégalité des cultures, peut faire de la République une démocratie fidèle à ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Il y a là une alternative lourde de conséquences pour le vivre ensemble démocratique, et un enjeu majeur en termes de choix de société à venir, pour tous les citoyens et particulièrement pour ceux qui solliciteront leurs suffrages.

Le 86e congrès de la Ligue des droits de l'Homme appelle à refuser la politique de la haine, de la peur et de la xénophobie, et à faire vivre l'égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions, leurs croyances ou leurs origines, pour que la République laïque, démocratique et sociale retrouve demain son vrai visage.

Adoptée à la majorité, moins 16 « contre » et 4 abstentions.

 

Résolution  « Roms, Gens du voyage : assez de stigmatisation et de racisme

Dans son « discours de Grenoble » en juillet 2010, monsieur Sarkozy s’est livré à une surenchère sécuritaire à partir d’un fait divers, faisant, en les amalgamant, des Roms ressortissants européens et des « Gens du voyage » à 95 % citoyens français, une des cibles privilégiées de sa politique xénophobe.

Destructions, stigmatisation, expulsions : le lot commun des Roms

Depuis, le gouvernement a aggravé un peu plus sa politique habituelle vis-à-vis de cette catégorie de population (destructions de campements et expulsions). Les moyens sont toujours les mêmes : les bulldozers rasent les bidonvilles au petit jour, les forces de police utilisent violence et harcèlement pour obtenir des reconduites volontaires dans le pays d'origine. Selon les déclarations d'Eric Besson à l'Assemblée nationale le 3 novembre dernier, sur 21 384 personnes expulsées de France entre janvier et septembre 2010, 13 241 (7 472 retours forcés et 6 769 retours « aidés ») concernent des citoyens roumains et des Bulgares, dont des Roms, soit près de 62 %.

Ces ressortissants européens, libres de circuler au sein de tous les pays de l'Union, sont frappés de mesures transitoires, en vigueur jusqu'en 2014, qui les excluent en pratique du marché de l'emploi. Les Roms ne sont pas des hors la loi, ni des mafieux comme le gouvernement se plaît à nous en convaincre. C'est la législation française qui les prive de droits : droit au travail, droit à la libre circulation…

Pire encore : à leur encontre, tout est permis : interpellations arbitraires, destructions de biens, accusations sans preuve de séjours supérieurs à trois mois et d'indigence alors que ces populations ne bénéficient pratiquement jamais de l’intervention des services sociaux.

L’exercice des droits fondamentaux et en particulier la scolarisation des enfants, obligatoire dans notre pays, sont rendus quasi impossibles quand les camps sont régulièrement détruits et leurs habitants contraints continuellement à s'installer ailleurs.

Malgré les déclarations catégoriques de madame Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne responsable de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, et sa demande d'une procédure d'infraction à l'encontre de la France sur la base de deux motifs (application discriminatoire de la directive sur la libre circulation et manque de transposition des garanties procédurales et matérielles prévues par la directive sur la libre circulation), aucune sanction concrète n'a été prise à ce jour.

Les problèmes fondamentaux auxquels se trouvent confrontés certains Roms ou tsiganes, en France comme en Europe, ne leur sont pas spécifiques, ils concernent toute la population précarisée : jeunes, femmes, travailleurs pauvres, chômeurs, Gens du voyage, migrants… Mais concernant la politique française à l'égard des Roms, il est difficile à ce niveau d'acharnement de se limiter à parler encore de discrimination. Il s'agit désormais de la négation systématique des droits fondamentaux d'une population stigmatisée et d'une action concertée du gouvernement français qui a besoin de boucs émissaires pour détourner l'attention de sa mauvaise gestion de la crise économique et politique.


Résolution d’urgence: « De la place Tahrir à la place Puerta del Sol, construire l’avenir »

Depuis quelques mois, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, les peuples et tout particulièrement la jeunesse se lèvent pour faire respecter leurs droits et leur dignité. Avec une étonnante détermination, au Sud et à l’Est de la Méditerranée, ces hommes et ces femmes ont le courage de faire face aux armes braquées contre eux : leur rage de vivre est plus forte que la peur.

Ils refusent la violence. Ils dénoncent la corruption, la loi du plus fort, l’impunité des puissants. Ils réclament la liberté, la justice sociale et l’instauration d’une véritable démocratie. Ils révèlent à tous que l’effectivité des droits est une aspiration universellement partagée.

Récemment en Europe, d’Athènes à Lisbonne en passant par Madrid ont lieu des mobilisations contre la déraison économique, contre l’incohérence de choix politiques qui entraînent crises sociales et précarisation.

Chacun à leur façon, ces mouvements sont à la recherche d’alternatives politiques, économiques et sociales. Ces hommes et ces femmes veulent trouver leur place dans une société libre et équitable.

Leur répondre par le mépris, le rejet ou pire encore par la répression, c'est être aveugle et sourd à la profondeur du problème qu'ils révèlent.

Ils montrent à l’échelle du monde une volonté d’instaurer des démocraties qui respectent les exigences citoyennes. Ils construisent l’avenir. Que nos sociétés retrouvent confiance en cet avenir est une priorité.

La Ligue des droits de l’Homme est solidaire de ces mouvements. Nous devons être à l’écoute de ce qu’ils nous disent.

Adoptée à l’unanimité, moins 35 abstentions.








































































































mardi 30 novembre 2010

LE 115 AUX ABONNES ABSENTS

Voici le message que l’on pouvait entendre en appelant le 115 ce week end en Haute Savoie



« Bonjour, vous êtes bien au 115, numéro d’urgence destiné aux personnes en recherche d’hébergement. Il fonctionne les samedi, dimanche et jours fériés à partir de 16h30. Nous nous excusons pour ce désagrément et vous remercions de votre compréhension. A bientôt. »




Sur le site de la préfecture de Haute Savoie nous avons pourtant


À quoi sert le numéro vert national "115" ?


Un numéro en cas d'urgence sociale pour les "sans abri" .Dans chaque département, un numéro vert national pour les "sans abri", le 115, permet d'accéder à une permanence d'accueil téléphonique, fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, chargée de répondre aux situations d'urgence sociale. Le 115 est un numéro gratuit. Il se caractérise par un accueil immédiat et anonyme si tel est le souhait de la personne.

 
Les missions du 115 sont par ailleurs précisés dans différents sites publics, elles consistent à :

• évaluer l'urgence de la situation de la personne ou de la famille en difficulté,

• proposer une réponse immédiate en indiquant notamment l'établissement ou le service dans lequel la personne ou la famille intéressée peut être accueillie, et organiser sans délai la mise en œuvre de cette réponse, notamment avec le concours des services publics,

• tenir à jour l'état des différentes disponibilités d'accueil dans le département.

A cette fin, les structures et services d'accueil (centres d'hébergement et de réinsertion sociale, SAMU sociaux, équipes de rue etc) sont tenus de déclarer périodiquement leurs places vacantes au responsable du dispositif de veille sociale.

Dans chaque département, toute personne qui appelle le 115, est mise en contact avec un organisme local. La personne qui répond informe l'appelant sur l'hébergement d'urgence et les accueils de jour dans le département, l'accès aux soins et à l'hygiène, l'aide alimentaire, les services sociaux et les téléphonies sociales.

Développé depuis 2002, le partenariat engagé avec Météo France permet d’ajuster au mieux le dispositif hivernal. Météo France adresse quotidiennement aux services préfectoraux et aux DDASS les prévisions météorologiques (température, vitesse du vent et « température ressentie » traduisant la sensation de froid résultant de l’action conjuguée de la température et du vent).

Les mesures prises (renforcement des équipes mobiles, accueils de jour ouverts la nuit, renforcement des 115 et mobilisation de capacités supplémentaires) sont adaptées aux 3 niveaux de mobilisation retenus :

• Niveau 1 « Vigilance et mobilisation hivernale », lorsque la température mesurée en degrés Celsius (°C) est positive dans la journée mais comprise entre zéro et – 5°C la nuit,

• Niveau 2 « Grand froid » lorsque la température est négative le jour et comprise entre – 5°C et – 10°C la nuit,

• Niveau 3 « Froid extrême » lorsque la température est négative le jour et inférieure à – 10°C la nuit, le niveau 3 correspondant à un niveau de crise exceptionnel.

Les circulaires suivantes précisent encore plus dans le détail, notamment la disponibilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

CIRCULAIRE INTERMINISTERIELLE N°DGS/DUS/DHOS/DSC/DGAS/2009/358

du 30 novembre 2009 précisant les actions à mettre en œuvre au niveau local pour prévenir et faire face aux conséquences sanitaires propres à la période hivernale



CIRCULAIRE N°DGAS/1A/2009/306 du 14 octobre 2009 relative aux mesures hivernales et d’accès au logement.



L’intervention d’urgence relève de l’assistance à personne en danger. A ce titre elle doit être immédiate et inconditionnelle. Il s’agit d’empêcher l’irréparable (la mort, la détérioration irréversible de la santé…).


Le froid est là et les structures d'accueil d'urgence devraient l’être aussi.


Nous ne pouvons que constater la déficience des services de l’Etat.

dimanche 2 mai 2010

Rassemblement sur le Plateau des Glières le 16 Mai 2010

La section Annemasse de la Ligue des Droits de l’’homme sera présente au rassemblement sur le plateau des Glières le dimanche 16 Mai 2010.
Pour faciliter le déplacement de ses adhérents, elle mettra à leur disposition un car.
Il partira d’Annemasse à 8 heures du Complexe Martin Luther King. La participation aux frais à verser au départ sera de €.10.
Ce car sera ouvert aux sympathisants
Merci de réserver à ldh.annemasse@wanadoo.fr
Les inscriptions seront confirmées dans l’ordre de réception

La bande annonce du rassemblement du CRHA est disponible ci dessous
http://www.dailymotion.com/video/xd3j77_rassemblement-paroles-de-resistance_news


Bonne feuille

Voici le texte de l'appel signé le 5 mai 2007 par les anciens des Glières Walter Bassan, Constant Paisant et Robert Lacroix à la suite de la visite sur le plateau de Nicolas Sarkozy, 48 heures avant le second tour de l'élection présidentielle.
Il est le pont de départ des rassemblements annuels depuis 2007. Nous insistons sur le respect de la dignité du site : pas de banderoles, de badges, ou autres calicots.

« Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !

M. Sarkozy vient de réaliser une opération médiatique sur le lieu des combats de 1944, aux Glières.

Tantôt marchant absolument seul vers le monument, tantôt serré par des parlementaires de son parti et entouré de micros et caméras, il est certain que M. Sarkozy disposait d'un bon metteur en scène ce vendredi 4 mai 2007.

Les dialogues étaient beaucoup moins affûtés : parler de la « sérénité » du lieu s'accommodait bien mal de la bousculade médiatique de ce jour là. Et les propos polémiques contre sa concurrente au poste de la Présidence de la République face aux micros tendus n'étaient pas dignes d'être proférés sur le lieu même du sacrifice des Résistants unis.

M. Sarkozy ne sert pas la mémoire des Glières et de la Résistance. M. Sarkozy se sert des Glières.

Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage personnel et discret aux hommes tombés ici. Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage public dans une fonction officielle. Nous lui contestons le droit de récupérer un symbole historique au service de son ambition personnelle, dans une mise en scène détestable à quelques heures du scrutin.
La mémoire des combattants des Glières appartient au peuple français

Les avancées politiques issues de ces sacrifices et des combats de toutes les Forces Françaises de l'Intérieur doivent être défendues. Le programme du Conseil National de la Résistance, unifiant les composantes combattantes a permis des avancées sociales extraordinaires à la Libération.
Nous, nous y souscrivons toujours.

Nous appelons à un rassemblement digne sur le plateau des Glières, autour d'un repas tiré du sac et fraternellement partagé, dimanche 13 mai 2007 vers midi : citoyennes et citoyens sont conviés à montrer que ce sont des gens du peuple, d'origines très diverses, qui se sont dressés ici contre l'oppression. Non, aucun politique en campagne, de quelque bord qu'il soit, n'aurait dû venir entacher l'esprit du plateau.

« Le mot "Non", fermement opposé à la force, possède une puissance mystérieuse qui vient du fond des siècles. » (extrait du discours prononcé par André Malraux, le 2 septembre 1973, à l'occasion de l'inauguration du Monument de la Résistance érigé par le sculpteur Gilioli sur le Plateau des Glières.)
Au nom de la dignité et du respect pour les martyrs et les rescapés des Glières, au nom des trois résistants qui soutiennent l'appel, et au nom de cette initiative citoyenne et non-partisane, il est demandé instamment aux participants de n'arborer aucune banderole ou bannière

De plus il n'y aura pas de prises de parole politiques : la parole sera simplement rendue aux résistants oubliés par le candidat Sarkozy, tout à sa précipitation de se montrer face aux caméras devant ce symbole qui, décidément non, ne lui appartient pas, qui n'appartient à personne, ou plutôt à tout le monde !

Montrons la force de notre « non » par notre silence recueilli dans la quiétude de cet alpage, par notre attitude forçons le respect.

Ce lieu est donc un symbole... Dans l'histoire de la Résistance, le maquis des Glières représente le premier groupement réunissant des mouvements de différentes sensibilités, Armée secrète et FTP. L'unité de la Résistance s'y est caractérisée. C'est également un symbole d'une lutte antifasciste de dimension internationale. Après la dispersion du maquis, la Résistance s'est reconstituée. La Haute-Savoie sera le premier département de la métropole à être libéré, le 19 août 1944, par les seules forces de la Résistance. Les Glières ont donc une signification nationale."

jeudi 25 mars 2010

LA LOI REPUBLICAINE A NANGY

Rappel : Après une expulsion de l’agglomération annemassienne, plusieurs familles roms (50 personnes environ) squattaient depuis plusieurs semaines une fruitière désaffectée et promise à la démolition .
La loi républicaine sur l’instruction obligatoire était respectée. L’école publique scolarisait les enfants roumains Roms malgré l'opposition du maire. Les enfants étaient heureux.
La loi républicaine sur le droit aux soins était respectée. Les personnes malades et surtout les femmes enceintes étaient suivies et prises en charge par l’Hôpital public.
La Fraternité était organisée. Emmaus, les Restos du Cœur, les parents d’élèves de Nangy et d’autres bénévoles fournissaient nourriture et vêtements chauds. Une dignité humaine était tant bien que mal rendue.
Mais la loi républicaine sur l’Ordre public existe et se devait être respectée aussi…
Vendredi matin à 6heures : 50 gendarmes cagoulés, armés, sont venus à bord de 11 véhicules, pour un contrôle d’identité musclé avec mise à terre des hommes et menottes. Les enfants, à l’école le matin, traduisaient dans leurs dessins et leurs jeux ces événements. 11 d'entre eux sont scolarisés à Nangy.
Les gendarmes sont revenus hier matin 24 mars, jour sans école, avec un huissier, les familles sont évacués sans ménagement avec beaucoup d’effets perdus. L’escaler d’accès est détruit. L’intérieur et l’extérieur de la fruitière sont abondamment arrosés de lisier pour empêcher la réoccupation des lieux.
Les propositions de relogements de la préfecture, séparant les membres d’une même famille sont refusés. La nuit s’est passé dehors, sur matelas et couvertures apportés par les militants, sous les banderoles de la LDH, agrémentée par les passages de véhicules de la gendarmerie équipées de projecteurs.

Tous les enfants devaient être à l'école à 8h30.
Tel était la situation ce matin (à suivre)

Revue de presse:
http://www.blogger.com/goog_2117334201
(reportage après l'annexion de la Savoie par la France°
http://www.lemessager.fr/Actualite/Genevois/2010/03/24/article_messager_1196043.shtml
http://www.ledauphine.com/nangy-les-roms-ont-ete-expulses-de-l-ancienne-fruitiere-mercredi-@/index.jspz?chaine=23&article=279751